Accompagner les étudiant·es étranger·es avec ou sans papiers



Fiche 14 – Le recours contre l’obligation de quitter le territoire français (OQTF)

Un recours contentieux est un recours contre une décision administrative introduit devant une juridiction administrative (devant le juge administratif).

Comme toute décision administrative constituant une mesure de police, la décision énonçant l’OQTF doit être motivée en droit et en fait.

Les voies et délais de recours doivent être mentionnés dans la décision notifiée à la personne. Un recours sommaire peut être envoyé au tribunal administratif pour respecter le délai. La personne peut ensuite compléter son dossier jusqu’au moment de l’audience. La personne a droit à un·e avocat·e et, si nécessaire, un·e interprète le jour de l’audience. L’avocat·e pourra bénéficier de l’aide juridictionnelle pour cette procédure : cela veut dire que l’étudiant·e, sous réserve de ne pas dépasser un certain plafond de ressources, n’aura pas à payer d’honoraires à l’avocat·e qui sera payé·e par l’Etat de façon forfaitaire.

Le recours est suspensif : cela signifie que la personne ne peut pas être expulsée avant la réponse du juge administratif.

Les délais de recours, délais de jugement ainsi que l’interdiction de retour sur le territoire français (IRTF) assortie dépendent du contexte dans lequel l’OQTF a été prononcée.

OQTF et AAR (assignation à résidence)Délai de recoursIRTFDélai de jugement par le Tribunal administratif
OQTF avec un délai de départ volontaire de 30 jours prise suite à : 
– un refus de titre de séjour – un contrôle aux fins de vérification du droit au séjour

OQTF contre un·e ressortissant·e d’un pays UE
1 moisAutomatique6 mois (formation collégiale de 3 juges)
OQTF avec un délai de départ volontaire prise pour :
– le refus des conditions matérielles d’accueil pour les demandeurs d’asile
– l’arrêté de transfert vers les autorités responsables de la demande d’asile (procédure Dublin)
– la décision préfectorale prise suite au rejet d’une demande d’asile.
7 joursFacultative6 semaines (juge unique)
OQTF sans délai de départ volontaire, quel que soit le motif
(sans placement en centre de rétention administratif et sans assignation à résidence)
1 moisAutomatique3 mois ou 6 semaines selon le motif de l’OQTF
OQTF immédiatement assortie d’une assignation à résidence7 joursAutomatique15 jours
(juge unique)




OQTF d’un étranger placé en rétention
48 heures Automatique96 heures
(juge unique)

Assignation à résidence postérieure à l’OQTF et alors que la personne avait déjà introduit un recours

Deux cas : 

– Assignation longue durée
 
– Autres cas d’assignation dont l’étranger dont l’éloignement demeure une perspective raisonnable 
1er cas : 
2 mois 

2ème cas : 
7 jours
X15 jours 
(pas de placement en centre de rétention) 

144 heures
(en cas de placement en centre de rétention)

Il faut d’emblée réunir le maximum de preuves disponibles afin de constituer le dossier et de transmettre des éléments de recours à l’avocat·e. Ces éléments peuvent être: 

Il faut réunir rapidement ces documents et les transmettre à l’avocat·e.

Comment faire une “bonne” lettre de soutien? 

Conseil : si le dossier académique et les lettres de soutien sont trop “faibles”, la Présidence peut considérer que le dossier ne mérite pas son attention. N’hésitez donc pas à être précis·e et dithyrambique, et au besoin, à expliquer de faibles notes par la situation personnelle de l’étudiant·e. L’objectif des lettres de soutien n’est pas de rendre une évaluation objective et neutre sur la valeur académique de l’étudiant·e ni d’établir une recommandation académique ou professionnelle, mais bien de démontrer le soutien plein et entier du corps enseignant, de telle sorte que la présidence considère qu’il est nécessaire d’écrire en son nom une lettre de soutien. Il s’agit donc d’emporter la conviction de la présidence (pour soutenir l’étudiante), afin d’emporter en dernière instance la conviction du juge administratif qui examinera le recours contre l’OQTF. Le soutien de la présidence, dans de telles circonstances, est un élément clé du recours devant le tribunal administratif: il peut faire pencher la balance auprès du juge afin d’annuler l’obligation de quitter le territoire (OQTF). Pour convaincre vos collègues (parfois réticents, notamment s’il·elles considèrent que l’étudiant·e a un niveau moyen), il faut bien insister sur l’enjeu du recours: si l’OQTF n’est pas annulée, elle sera exécutoire pendant un an. Le risque, c’est la rétention et l’expulsion forcée, ce qui est une violence majeure! De plus, l’OQTF restera visible dans le dossier, ce qui peut compliquer les démarches administratives ultérieures. A plus long terme, cela signifie une précarisation et des souffrances psychologiques.

Si la personne a une OQTF, l’administration peut l’enfermer afin d’exécuter cette obligation de quitter le territoire. Les lieux d’enfermement des étrangers sont des CRA (centres de rétention administratifs).